Le Loir-et-Cher a ses grands hommes
Le poète
Pierre de Ronsard (1524-1585) est né à Couture-sur-Loir, dans le Manoir de la Possonnière, près de Vendôme. Il est l'auteur de sonnets amoureux et de discours philosophiques. En 1545, il rencontre Cassandre Salviati, dont le mariage avec un autre homme, la fait devenir 'l'être inaccessible" qui permettra au poète de célébrer l'amour platonique.
En 1547, Ronsard fait la connaissance de Joachim Du Bellay. Ils créent avec d'autres jeunes poètes le célèbre groupe de la Pléiade, afin de définir de nouvelles règles poétiques.
L'humaniste
L'abbé Grégoire (1750-1831) est originaire de Lorraine et fait ses études au collège des Jésuites de Nancy. Devenu curé d'Emberménil, il y ouvre une bibliothèque. En 1789, il est élu député du clergé aux états généraux et participe au serment du Jeu de paume. En 1792, il est nommé évêque de Blois et devient député à la Convention.
Homme des Lumières, il milite en faveur de la citoyenneté des Juifs. Défenseur des "gens de couleur", il obtient le 4 février 1794, avec plusieurs autres anti-esclavagistes, l'abolition de l'esclavage dans "les Isles". Homme de culture, il s'oppose aux destructions d'œuvres d'art et de bibliothèques par l'armée révolutionnaire.
L'inventeur
Denis Papin (1647-vers 1712) est né à Chitenay, près de Blois. Fils d'un médecin protestant, il travaille à Paris puis en Angleterre, aux côtés des plus grands savants de son temps. Il met au point en 1679, sa fameuse "marmite", ancêtre de tous les autoclaves, pour laquelle il invente la soupape de sûreté.
En 1685, la révocation de l'édit de Nantes le conduit à abandonner toute idée de retour en France car il veut rester fidèle à sa foi protestante. Il fera donc carrière à l'étranger, et c'est en Allemagne, dans la province de Hesse qu'il inventera la machine à vapeur.
En 1707, il construit le premier bateau à vapeur, qui sera détruit par les bateliers craignant pour leur emploi. Il retourne alors en Angleterre, où il tente de nouvelles recherches qui n'aboutiront pas, et meurt à Londres, oublié et dans la misère, vers 1712.
Le roi de l'illusion
Robert Houdin (1805-1871). La vocation du père des prestidigitateurs, maître des automates, écrivain, et diplomate, est née de l'erreur d'un libraire qui, à la place d'un traité d'horlogerie, lui prête le "Dictionnaire encyclopédique des amusements des sciences mathématiques et physiques". Petit-fils d'un célèbre horloger blésois, Robert Houdin est aussi l'héritier d'une grande tradition horlogère. Ses mises en scène époustouflantes au petit théâtre du Palais-Royal et les illusions qu'il a inventées en font le précurseur de Georges Méliès, père des trucages au cinéma.
Ses travaux scientifiques sur l'électricité ou l'ophtalmologie firent longtemps référence. Quant à sa maison de Saint-Gervais-la-Forêt, elle était truffée de gadgets : des oiseaux-automates qui chantent à volonté, des couloirs escamotables et même, la lumière électrique dans toute la maison !
La ville de Blois a créé la Maison de la magie, sur la place du château en hommage à son génie.
