Vœux aux personnalités du Loir-et-Cher
Lundi 9 janvier 2012
Monsieur le Préfet,
Mesdames et Messieurs les Sous-préfets,
Madame et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Conseillers régionaux et généraux,
Mesdames et Messieurs les Maires et Présidents de communautés de communes,
Mesdames et Messieurs les adjoints et conseillers municipaux,
Monseigneur,
Monsieur l’Imam,
Messieurs les Présidents des chambres consulaires,
Madame le Procureur de la République,
Mesdames et Messieurs les Présidents des tribunaux,
Monsieur le Président des conseils de Prud’hommes,
Madame l’Inspectrice d’Académie,
Mesdames et Messieurs les Directeurs et Chefs de services de l’État et du Conseil général,
Mesdames et Messieurs les officiers supérieurs,
Mesdames et Messieurs les principaux de collèges,
Mesdames et Messieurs les Directeurs d’hôpitaux et de maisons de retraites,
Mesdames et Messieurs les représentants d’organismes professionnels et syndicaux,
Mesdames et Messieurs les Présidents d’associations,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
Les vœux de début d’année portent nécessairement des paroles d’espérance, et certains d’entre vous se disent peut-être que, ce soir, ma tâche s’avère un peu compliquée. Hé bien ! Sans tenter de vous démontrer que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possible –si nous pensions cela , -n’est-ce pas ?-
à quoi bon la politique ! – je veux vous proposer quelques grandes et belles raisons d’espérer en l’avenir.
Si je voulais aller au plus court, j’invoquerais l’autorité du grand Vauban: « C’est toujours face aux contraintes que les hommes donnent le meilleur d’eux mêmes ». Mais je sens bien que çà ne suffirait pas. Tout de même ! La grave crise mondiale que nous vivons aujourd’hui, qui s’est focalisée ces derniers mois sur l’énormité des dettes souveraines des grandes puissances économiques, cette grave crise nous place devant des défis que nous ne sommes plus dans la situation d’ignorer : nous devons y faire face.
Je vois trois grands défis. Ils correspondent d’ailleurs -permettez-moi tout de même de le signaler- à trois préoccupations propres depuis longtemps à la sensibilité centriste. Le premier, c’est la nécessité de « plus d’Europe ». Les commentateurs de l’actualité les plus chagrins le relèvent : malgré la grande défection insulaire à laquelle nous sommes habitués depuis les commencements, la plupart des pays européens, et tous ceux de la « zone euros », s’entendent aujourd’hui pour appeler -si peu que ce soit mais c’est un progrès- à une autorité réellement supranationale au sein de l’Europe. Face à l’urgente nécessité, on ne va pas du tout vers « moins d’Europe » comme le voudraient tant certains. Mais au contraire vers « plus d’Europe ». Mes amis, songeons-y, la poursuite de la construction européenne est passée ces derniers temps du statut d’option facultative à celui de nécessité absolue. Et c’est pour nous tous une bonne nouvelle.
Le second défi, c’est celui de la généralisation de la règle d’or, c’est-à-dire de l’impossibilité pour l’État de se voter des budgets en déséquilibre. En France, tout en l’interdisant soigneusement aux autres collectivités, c’est ce que l’Etat fait depuis trente ans ! Un petit parti du Centre réclame cette règle d’or depuis un certain temps ! Voilà que les « faits parlent leur grande voix » comme disait de Gaulle, et que nous y sommes contraints, et avec nous nos voisins européens.
Hé oui ! Cette absolue nécessité, qui s‘imposera à tout gouvernement quelle que soit sa tendance politique, elle est aussi porteuse d’espérance.
Enfin, j’en viens à nos collectivités territoriales. L’énorme poids de la dette publique, lié à la baisse de la croissance économique, les mettent elles aussi dans des situations critiques. Dès maintenant et dans les années à venir, elles sont placées face à la nécessité absolue de faire preuve d’une grande rigueur. Elles vont devoir s’organiser autrement, simplifier, moderniser leurs modes de fonctionnement, se coordonner véritablement. Mais aussi, revoir le partage de leurs compétences pour que chacun ne fasse pas la même chose dans son coin. J’en ai la conviction : quelle que soit l’issue des élections de 2012, nous devrons remettre sur le métier cet ouvrage que l’urgence de la crise a fait passer au second plan : la réforme en profondeur de la décentralisation. La dette publique, mes chers amis, ce n’est pas seulement l’État, c’est aussi l’entrelacs vain, inefficace, dispendieux, des compétences territoriales. Encore une absolue nécessité que nous allons devoir bientôt prendre à bras le corps, et c’est heureux, il faut en croire Vauban.
Qu’en est-il de la conjoncture départementale ? Notre excellent Observatoire de l’Économie et des Territoires de Loir-et-Cher a fait le point début décembre de l’année dernière. Il résume ses observations par cette phrase : « La capacité de résistance de l’économie départementale est une nouvelle fois démontrée».
La situation économique de notre territoire semble plus solide qu’ailleurs, sans doute en raison de la diversification de notre économie, entre industrie, agriculture et services -dont, bien entendu le tourisme-. Nos concitoyens de Loir-et-Cher subissent comme ailleurs la conjoncture économique. Et aussi –prenons-y garde-, ils ressentent avec amertume les inégalités croissantes. Elles ont quelques spécificités dues à la ruralité. Parmi elles, les distances qui isolent, les services souvent trop clairsemés, les emplois trop rares sur certains territoires. C’est pourquoi ici comme au niveau national nous avons une obligation d’équité. Une équité sociale et une équité territoriale.
Par ailleurs, comme vous le savez, la commande publique est un soutien majeur de l’activité économique. C’est la raison pour laquelle, alors que nombre de Départements font le choix –si l’on peut dire !- de réduire drastiquement leurs investissements, nous avons tenu au contraire à les maintenir. A maintenir nos investissements directs, les aménagements de nos grands axes routiers, la restructuration profonde de quatre collèges (Romorantin, Mer, Montoire et Vendôme). Nous maintenons aussi nos investissements indirects. Un seul exemple : notre dotation de solidarité rurale, qui est déterminante pour aider les petites communes à s’équiper.
Elle génère de l’activité économique au niveau local, grâce en particulier à un effet levier important. En mettant un euro, nous déclenchons pour 7 euros de travaux !
Si nous pouvons ainsi poursuivre nos investissements, cela -et pour la sixième année consécutive- sans augmenter la fiscalité et en diminuant notre besoin d’emprunt, c’est d’abord parce que notre situation financière est particulièrement saine. Mais aussi parce que nous sommes rigoureux dans les dépenses de fonctionnement. Nous avons recentré nos aides sur nos compétences, mais aussi nous limitons au plus strict nos propres dépenses.
La rigueur - je n’ai pas peur de ce mot- devrait d’ailleurs être la règle en toute saison, dès lors qu’il s’agit de dépenses publiques, de l’argent du contribuable. Et puis la rigueur ne consiste pas uniquement en restriction mais – et c’est beaucoup plus intéressant- en recherche de simplification, de mutualisations, de meilleure organisation, d’utilisation résolue des avancées technologiques. La rigueur, c’est donc aussi, pour nous, l’occasion d’inventer chaque jour l’administration la plus efficace possible, pour mettre en œuvre nos politiques au service de nos concitoyens.
Dans la mise en œuvre de nos politiques, nous sommes animés par ce que je n’hésite pas à appeler un parti pris « philosophique » : la recherche de la plus grande autonomie pour tous nos concitoyens.
Ceci est vrai évidemment pour nos politiques de solidarité, notre « cœur de métier » comme on dit. Recherche de la plus grande autonomie dans notre approche de l’accompagnement des personnes âgées, handicapées, en difficulté sociale, sans emploi. Viser pour chacun les moyens de ne plus être assistés, ou le moins possible. C’est ce qui guide notre action dans le maintien à domicile par l’aménagement adapté, la domotique, les services à la personne, mais aussi dans nos interventions en insertion ou dans notre politique de l’enfance.
Il en va de même en matière d’économie et d’emploi. Ce sont les entreprises qui créent les emplois, et si nous concevons notre rôle comme celui de leur faciliter les choses en matière d’implantation et de services, c’est bien sûr leurs initiatives, sur leur libre décision d’investir et de recruter que nous misons. De la même façon, lorsque nous mettons en place l’open data, c’est pour mettre à la disposition de chacun les données utiles à leurs projets, qui puissent nourrir leur créativité propre et leur volonté d’entreprendre.
Enfin, en ce qui concerne l’équité territoriale, l’aménagement équilibré du territoire, un de nos objectifs majeurs est d’assurer la circulation la plus libre possible dans l’ensemble du territoire, par la modernisation de nos axes routiers structurants, bien entendu, mais encore, avec « Route 41 », par le transport à la demande, ou le covoiturage. C’est aussi pour cette raison que nous sommes particulièrement attentifs aux cadencements sur l’axe ligérien, vers Tours et vers Orléans, et au delà vers Paris.
En résumé, mes chers amis, vous le voyez, notre état esprit en ce début d’année 2012 est loin d’être celui de frileux gestionnaires de la pénurie. Bien au contraire, c’est en nous projetant vers l’avenir que nous faisons face aux difficultés.
L’année 2012 sera très riche à cet égard. Tout d’abord, nous voulons mettre les technologies de l’avenir au service de nos politiques. Vous le constaterez en matière de domotique pour favoriser le maintien à domicile. Monique GIBOTTEAU va piloter à cet égard des expérimentations qui, nous l’espérons, favoriseront le développement d’un habitat qui garantisse aux personnes âgées et handicapées l’autonomie, la sécurité à domicile. Les usages des technologies de l’information sont multiples, et très prometteurs, par exemple en matière de santé. Mais pour qu’ils se développent pleinement, nous devons continuer à porter l’effort sur les infrastructures. Nous l’avons fait en matière de haut débit, nous allons à présent nous impliquer dans le très haut débit, instrument essentiel du développement des entreprises, mais aussi de l’enseignement, mais encore pour assurer des soins à distance sur l’ensemble du territoire.
Et surtout, nous pensons le moment venu pour une réflexion stratégique sur l’avenir du département de Loir-et-Cher à l’horizon 2020. Au vu de nos atouts et aussi de nos faiblesses, que voulons –nous pour le Loir-et-Cher dans ces deux prochaines décennies ? Cette réflexion, je la proposerai aux élus et aux forces vives de notre département dans les mois qui viennent, et je pense qu’elle demandera le regard le plus large possible, non pas seulement départemental, mais régional et national. J’ai deux exemples en tête : le projet de Ligne à grande vitesse Paris- Orléans-Clermont-Ferrand – Lyon, qui est pour nous un enjeu majeur. Je pense aux problématiques de transports sur l’axe ligérien, aux liaisons avec Paris, mais aussi à l’indispensable réflexion sur le tourisme qui dépasse bien entendu le cadre du département, à l’urgente remise à plat des besoins en formation. Bref j’appellerai nos élus, mais aussi nos partenaires et nos concitoyens, à réfléchir et à échanger sur ce que nous voulons pour le Loir-et-Cher, afin de nourrir les politiques d’avenir du Département.
Je n’oublie pas non plus que 2012 est une année d’élections, et donc de débats qui seront vifs et passionnés. Je souhaite en tout cas que cette réflexion sur notre avenir départemental commun en soit comme un contrepoint serein, constructif, voire fraternel, quelles que soient nos sensibilités. Mettons-les, dans toute leur diversité, au service de notre territoire, lui aussi si divers. Cet esprit d’union nous sera d’autant plus précieux car, quelle que soit l’issue des élections 2012, nous serons, soyons-en certains, appelés à un effort collectif. Et comme le soulignait Proudhon, « l’effort dans la fraternité peut être un ciment plus puissant que tous les plaisirs partagés ».
Cela dit, mes chers amis, c’est de tout mon cœur que je vous souhaite -tout de même- de nombreux plaisirs partagés, mieux, de nombreux bonheurs en cette nouvelle année. A chacune et chacun d’entre vous, à vos familles et à tous ceux que vous aimez, à travers vous à tous nos concitoyens de Loir-et-Cher, belle et heureuse année 2012.
Et je vous invite maintenant à déguster les produits locaux et les recettes réalisées par des producteurs et des artisans tous Loir-et-Chériens.
